Aider un proche vivant un deuil
C’est souvent difficle de savoir quoi dire ou quoi faire lorsqu’un proche que vous aimez est en deuil. Vous pouvez avoir peur de déranger, de dire la mauvaise chose ou encore aggraver la situation.

À défaut de faire disparaître la douleur, nous aimerions vous faire part de certaines suggestions susceptibles de les aider à traverser cette période difficile.

  • Gardez un contact étroit avec les parents endeuillés malgré votre inconfort ou votre sentiment d’impuissance. Se sentir abandonné de ses amis ou de sa famille augmente la peine causée par la perte d’un enfant.
  • Intéressez-vous à eux et montrez que vous êtes touchés par la perte de leur enfant.
  • Soyez disponible pour écouter, pour faire des courses, pour vous occuper des autres enfants ou pour aider de toutes autres façons.
  • Offrez vos sympathies aux parents: une accolade, une poignée de main, un « je suis là pour toi » ou « je suis tellement triste pour vous » ou un simple « je pense à toi »…
  • Permettez-leur de parler de leur bébé aussi souvent et aussi longtemps qu’ils le souhaitent, changer de sujet peut-être blessant. Ne craignez pas de mentionner les qualités uniques et attachantes de leur bébé.
  • Appelez le bébé par son nom lorsque vous en parlez.
  • Encouragez les parents à être tolérants envers eux-mêmes, à ne pas trop exiger l’un de l’autre et à ne pas se surcharger de « on aurait dû ».
  • Soyez attentifs aux besoins des enfants pendant les funérailles, mais également au cours des mois qui suivent, car eux aussi sont blessés, confus et ont besoin d’attention; leurs parents sont peut-être dans l’impossibilité, pour le moment, de leur porter toute l’attention souhaitée.
  • Rassurez les parents en deuil, ils ont besoin d’entendre qu’ils ont fait tout ce qui était possible, que le bébé a reçu tous les soins et l’amour nécessaires et que les choix qu’ils ont faits sont justes.
  • Respectez la période plus ou moins longue que les parents accordent au deuil. Si votre proche désire du temps seul, respectez cette demande, mais n’hésitez pas à lui rappeller que vous êtes là pour lui s’il désire d’une oreille pour écouter ou d’une épaule pour pleurer.
  • Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de vivre un deuil. Chaque deuil est différent. Éviter donc de dire comment la personne devrait se sentir ou ce qu’il devrait faire.
  • Il n’y a pas de calendrier de deuil. La récupération suite à un deuil peut être plus ou moins long selon l’individu. Ne forcez pas la personne à se déplacer et ne lui faites pas sentir comme s’il avait été trop longtemps en deuil. Cela ne fera que ralentir le processus de guérison.
  • Les émotions et les comportements vécus durant un deuil peuvent être extrêmes. Colère, désespoir, culpabilité, peur… Éviter de juger ou de prendre les réactions personnellement.
  • Il n’existe pas de mots magiques. Évitez à tout prix les clichés vides de sens comme
    – « Vous êtes jeunes, vous en aurez d’autres! » ou « Heureusement, vous en avez deux en santé! » car chaque enfant est unique et rien ne remplacera l’enfant perdu;
    – « Mieux vaut l’avoir perdu maintenant plutôt qu’avoir eu vraiment la chance de le connaitre », car le parent désirait plus que toute chose de le voir grandir;
    – « C’est probablement pour le mieux », car pour le parent, son monde vient de s’écrouler.
  • Ne comparez pas les chagrins. Évitez de dire que vous comprenez la peine, à moins d’avoir vous-même vécu ce drame. Éviter également de raconter l’histoire d’une autre personne qui a vécu une histoire semblable (« La fille d’une collègue de travail qui a aussi perdu son fils à 28 semaines »). Si vous vous concentrez sur la façon dont les autres ont souffert, vous dites en quelque sorte que cette mort n’a rien d’inhabituelle.
Questions & Réponses

J'ai peur de ne pas dire la bonne chose...

Malgré que vous puissiez trouver le silence lourd, n’essayez pas pour autant de le combler en disant un cliché vide de sens. Un simple « Je suis désolé » ou votre seule présence suffit.

Ma fille ne sort plus de la maison et malgré que je lui ai dit que j'étais là pour elle, elle ne me contacte pas... Que puis-je faire pour l'aider?

Lorsque l’on vit un deuil, chaque petite tâche ou décision à prendre peut nous paraître une montagne. Malgré que vous lui avez dit que vous êtes là pour elle, elle hésite peut-être à vous demander de l’aide de peur d’être un fardeau pour vous. La personne en deuil peut ne pas avoir l’énergie ou la motivation nécessaire pour vous appeler lorsqu’elle a besoin d’aide. Soyez donc la personne qui prend l’initiative et offrez-lui une aide pratique.

Quelques façons pratiques d’offrir une aide concrète:

« J’ai fait un ragoût de boeuf pour dîner, est-ce que ça te ferait plaisir que je t’en apporte?  »
 » J’allais à l’épicerie aujourd’hui et je me demandais si je pouvais te rapporter quelque chose…  »
 » Est-ce que ça t’irait si j’allais chercher tes enfants ce weekend pour faire une activité?  »
 » Est-ce que je peux t’aider à remplir les papiers pour les assurances / arrangements funéraires?  »
 » J’ai congé aujourd’hui et je voulais t’offrir mon aide avec les tâches ménagères…  »
 » Il y a une réunion d’un groupe de soutien. Est-ce que tu aimerais que j’y aille avec toi?  »

Si la personne la refuse, respectez son choix. Transmettez-lui alors une invitation ouverte en disant « Fais-moi savoir si je peux faire quelque chose pour toi », et n’hésitez pas à vérifier périodiquement si la personne n’a pas besoin de quelque chose.

Ma fille ne semble pas en deuil. Est-ce que ça veut dire qu'elle va bien?

Ce n’est pas tout le monde qui démontre son deuil de la même manière. Certains démontrent des signes de deuil, alors que d’autres vont plutôt vivre leur deuil intérieurement. Ce n’est pas parce que quelqu’un est moins expressif que sa tristesse est moindre.

Acceptez et respectez les différents styles de deuil, même si vous n’arrivez pas à le comprendre.

Mon amie semble anéantie et j'ai peur pour elle. Ai-je besoin d'aller chercher une aide extérieure?

Il est commun pour une personne endeuillée de se sentir déprimée, confuse, déconnectée des autres. Si ces symptômes ne commencent pas à s’estomper progressivement, ou s’ils s’aggravent avec le temps, cela peut être un signe que la douleur a évoluée vers un problème plus grave comme la dépression clinique.

Encourager une personne endeuillée à chercher de l’aide si vous observez un des signes suivants:
– Difficulté de fonctionner dans la vie courante;
– Attention extrême à la mort;
– Excessive amertume, colère ou culpabilité;
– Négligence de l’hygiène personnelle:
– Abus de drogues ou d’alcool;
– Hallucinations;
– Retrait des autres;
– Sentiments constants de désespoir;
– Allusion à la mort ou au suicide.

Il peut être difficile de faire part de vos préoccupations à une personne endeuillée car vous ne voulez pas être envahissante. Mais plutôt que de dire à la personne ce qu’il faut faire, essayez de lui faire part de votre vos propres sentiments (ex:  » Je suis inquiet par le fait que tu ne sembles pas dormir suffisamment… peut-être qu’aller chercher de l’aide pourrait aider… »).

Si la personne parle de suicide ou de mort, obtenez de l’aide professionnelle immédiatement. En cas d’urgence, appellez le 911.

J'ai peur d'attrister ma fille / mon fils si je mentionne le nom de l'enfant. Dois-je aborder le sujet?

Votre ami / fille / fils est déjà attristé par la perte de son enfant. En fait, plusieurs parents ayant vécu la perte de leur enfant désirent en parler. Sans revenir constamment sur le sujet, n’hésitez pas à mentionner le nom de l’enfant quand la conversation s’y prête. Ne changez pas non plus de sujet si votre ami / fille / fils mentionne le nom de son enfant disparu.

Bref, respectez le souhait de la personne de parler ou non de son enfant.

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